Bus grandes lignes en Suisse: l’avis des CFF

Souvent, on demande aux CFF ce qu’ils pensent de la perspective de la concurrence des bus grandes lignes. D’une manière générale, les CFF sont d’avis qu’avant d’autoriser les bus grandes lignes en Suisse, un large débat doit avoir lieu sur le système des transports publics dans le pays. Ne serait-ce que parce que les pouvoirs publics financent une grande partie du système des transports publics.

Pour les CFF, il faut s’assurer que la concurrence entre la route et le rail se fasse à armes égales, en particulier en ce qui concerne l’application de la loi sur l’égalité pour les handicapés, les conditions-cadres sociales et les coûts liés à l’infrastructure.

La Suisse a déjà un système de transports publics très développé et finement coordonné. Du point de vue des CFF, une offre de bus grandes lignes parallèle n’offrirait pas de véritable développement de l’offre, ni de plus-value par rapport au système actuel.

Evolution rapide des comportements en matière de mobilité

Aujourd’hui, le marché de la mobilité est dans une période charnière: les besoins de la clientèle sont en pleine mutation. En particulier, les offres de mobilité combinée sont de plus en plus demandées, tant en trafic voyageurs que de marchandises.

Dans ce cadre, les bus grandes lignes sont les précurseurs de nouveaux modes de transport pouvant aller jusqu’aux véhicules autonomes. S’ils offrent une utilité importante pour les clients, il ne sera pas possible de les interdire.

Cette évolution n’est pas une surprise pour les CFF ; cela fait plusieurs années qu’ils attirent l’attention sur cette évolution et sur le renforcement de la concurrence qu’elle engendre.

Or, dans la pratique actuelle en matière d’autorisations, nous constatons qu’il manque une évaluation des répercussions de ces nouvelles offres sur les investissements dans les infrastructures de transport.

Idem en ce qui concerne les investissements sur le matériel roulant, qui impliquent des délais importants, et sur la couverture des coûts du trafic régional, que les cantons financent.

Les CFF ne considèrent cependant pas la concurrence des bus grandes lignes comme une menace. Ils se préparent en mettant d’ores et déjà en œuvre le programme d’économies RailFit20/30. Mais ils suivent de très près les développements dans ce domaine et les prennent au sérieux.

Conclusion : considérer le système dans sa globalité

De l’avis des CFF, au niveau international comme au niveau national, les opérateurs doivent pouvoir lutter à armes égales en ce qui concerne les conditions de travail, la sécurité ou la législation sur l’égalité pour les handicapés, qui prévoit des dispositions particulièrement claires en Suisse.

Les CFF s’exprimeront après analyse sur certaines demandes d’opérateurs de bus grandes lignes, lorsque l’Office fédéral des transports les remettra pour consultation.

Une chose est certaine: si un opérateur ne propose que des prestations sur certaines lignes rentables, afin d’offrir les prix les plus bas, il porte atteinte au principe de solidarité qui sous-tend le système global et tarifaire des transports publics en Suisse.

Communiqué CFF – Source et détails

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